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Immobilier résidentiel: la demande toujours présente

17 mar. 2020

Tendances provinciales — février 2020


Les incertitudes économiques liées à la COVID-19 se font nombreuses ces dernières semaines. La crainte d’un ralentissement économique voire d’une récession augmente. Pour l’instant, le marché immobilier n’en subit pas les contrecoups. Étant donné que le délai entre la décision de devenir propriétaire et l’acquisition d’une propriété peut être long, l’impact sur ce marché pourrait se faire sentir seulement tardivement.


Le taux de chômage (4,5 %) a atteint de nouveau un creux historique en février au Québec selon les données publiées par Statistique Canada. Il sera intéressant de voir comment le marché du travail s’adaptera aux nouvelles circonstances économiques. Entre temps, la Banque du Canada semble opter pour une stratégie de baisse marquée des taux d’intérêt pour contrer les effets du coronavirus sur l’économie. Elle a à nouveau descendu son taux directeur de 0,5 point de pourcentage la semaine dernière. Ainsi, le coût du financement hypothécaire diminue, ce qui favorise le marché immobilier et pourrait contrebalancer les effets d’un éventuel ralentissement économique. Les données des prochains mois sur l’emploi seront à surveiller pour déterminer la trajectoire des ventes immobilières en deuxième moitié d’année.


Pour l’instant, les statistiques du marché immobilier font toujours état d’un marché très dynamique. Les ventes de propriétés résidentielles ont augmenté dans tous les segments de marché analysés en février par rapport au même mois en 2019, allant de +13 % pour les unifamiliales à +26 % pour les 2 à 5 logements. Il s’agit d’un second mois de hausses exceptionnelles après les fortes augmentations notées en janvier dernier. Néanmoins, ces résultats, quoique significatifs, doivent être mis en perspectives. En effet, les mois de janvier et février sont les plus petits de l’année en termes de nombre de ventes. Par conséquent, même s’ils sont annonciateurs d’une croissance de la demande, ils ont, à eux seuls, peu d’impact sur les statistiques de l’ensemble de l’année.



Ventes d’unifamiliales au Québec


Selon les actes publiés au Registre foncier du Québec et colligés par JLR, une société Equifax, 88 764 maisons ont été vendues à travers la province au cours des douze derniers mois, soit une augmentation de 9 % par rapport à la même période l’année précédente. Pour le mois de février uniquement, 3789 unifamiliales ont été acquises ce qui représente une hausse de 13 % relativement à janvier 2019.


De mars 2019 à février 2020 inclusivement, le prix de vente médian des maisons unifamiliales s’est élevé à 255 000 $, soit un bond de 2 %. Pour février 2020 seulement, le prix médian des unifamiliales a crû de 6 % par rapport à février 2019.



Ventes de copropriétés au Québec


Au cours des douze derniers mois, 39 499 transactions de copropriétés ont été conclues au Québec, une augmentation de 14 % comparativement à la même période un an plus tôt. Pour février 2020 uniquement, la croissance a été particulièrement forte, un peu comme en janvier dernier. La hausse du nombre de transactions a atteint 25 % pour un total de 2083 ventes.


En ce qui a trait au prix de vente médian des copropriétés, celui-ci s’est établi à 258 678 $ au cours des douze derniers mois, une augmentation de 4 % par rapport à la période précédente. Ce secteur des propriétés résidentielles, aidé par une croissance soutenue des prix dans la région de Montréal, a affiché le plus fort gain de prix pour la période de mars 2019 à février 2020 en comparaison avec l’année précédente.


Pour le mois de février seulement, la variation du prix médian des copropriétés est de +14 % par rapport à février 2019.



L’indice d’accessibilité à la propriété (indice AP)


En février 2020, l’indice AP de la province s’est élevé à 97,6, un gain de 0,8 % comparativement au même mois en 2019. Malgré la hausse des prix des propriétés résidentielles, la faiblesse des taux d’intérêt et la hausse des salaires ont permis à l’accès à la propriété de s’améliorer.


L’indice est basé sur le ratio salaire hebdomadaire médian (statistique Canada)/paiement hypothécaire « type » rapporté en un indice base 100 (janvier 2010=100).



Tendances par ville


Plusieurs villes connaissent des hausses de prix marquées sur douze mois. Dans le cas de Dollard-des-Ormeaux et de Châteauguay, la croissance atteint 10 %. D’un autre côté, Lévis est la seule ville qui affiche une baisse de prix médian, avec un faible recul de 1 %. L’augmentation des prix pourrait toutefois être présente au cours des prochains mois dans cette municipalité, car le marché de la vente fait des gains importants. En effet, une croissance des ventes de 18 % a été enregistrée au cours des douze derniers mois et une hausse exceptionnelle de 55 % a été notée en février. La ville de Saguenay connaît également une hausse des ventes majeure après plusieurs années de ralentissement. Entre mars 2019 à février 2020, 1481 ventes ont été enregistrées dans cette ville, soit 23 % de plus qu’à la même période l’année précédente.


En ce qui concerne le marché de la copropriété, des hausses de prix ont été observées dans les six villes analysées autant sur douze mois que pour février. Les ventes en février ont diminué dans une seule ville, soit Québec. Malgré un regain sur douze mois des prix et des ventes dans cette ville, elle demeure en queue de peloton en termes de croissance. La marché de la copropriété de cette ville a, au cours des dernières années, connu des difficultés après un excédent de construction. La ville se sort tranquillement de cette situation, mais la hausse des prix et des ventes reste plus modeste que dans la majorité des grandes villes de la province.

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Matthieu Le Moëligou

Courtier immobilier

514 364-3315